vendredi 18 mars 2011

La Ballade de Lila K.

La Ballade de Lila K., de Blandine Le Callet, Stock, 2010.
"La ballade de Lila K, c’est d’abord une voix : celle d’une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l’ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l’a prise en charge.
Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n’a qu’une obsession : retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d’un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n’ont plus droit de cité."
Le résumé de l'éditeur ne rend pas justice à ce livre. On croirait un énième livre sur la relation mère-fille. Il n'en est rien. C'est un roman qui crée un besoin. Le besoin absolu de savoir.

L'héroïne veut savoir d'où elle vient pour comprendre. Pour aller plus loin. Et c'est bien là le nœud du problème. L'information est dissimulée, expurgée, manipulée. Lila (nous aussi d'ailleurs) passera outre, et ira au bout de sa quête, quitte à braver les interdits, à ouvrir les yeux sur une réalité sans concession et à souffrir. Et cet amour incroyable qu'elle voue à sa mère dont nous savons si peu, nous espérons longtemps qu'il soit juste et lucide. Il n'en sera rien. Il s'agit aussi, de pardon et d'amour filial. Plus fort que tout. Parfois incompréhensible mais bien là, ancré. Impossible à oublier. Vital.



vendredi 25 février 2011

Justified, Elmore Léonard et moi

C'est bien connu, les livres sont une manne sans cesse renouvelée pour les scénaristes en panne d'inspiration. Et parfois, c'est une bonne chose. Non pas que l'adaptation soit une merveille mais elle peut permettre de redécouvrir un auteur.
Et je parle en connaissance de cause, vous vous en doutez ! 
Elmore Léonard est un auteur que l'on juge de base en terme de roman policier. Son nom est connu. Ses livres reconnus. Il n'a absolument pas besoin d'une obscure bibliothécaire pour lui redorer le blason.
Pourtant, en bibliothèque, c'est un auteur qui sort peu, à moins d'acheter son dernier opus. Pas que les lecteurs aient lu l'intégralité de ses romans, mais parce qu'ils sont tellement habitués à le voir, là, sur l'étagère entre Lehane et Mac Bain qu'ils en ont oublié que c'était un grand auteur. Moi aussi, d'ailleurs. 
Et puis, je suis tombée sur l'excellente série américaine "Justified" directement inspirée d'un livre d'Elmore Léonard. Et j'ai eu envie de le lire. Juste pour voir si je prendrais autant de plaisir qu'en regardant cette série.
Résultat : Une découverte, un coup de coeur ... qui me fait penser, hélas, à tous ces auteurs dont les livres dorment sur les étagères de la bibliothèque et que je n'ai pas encore lus...

Le Touriste

Le Touriste, Olen Steinhauer, Liana Levi, 2009.

"Milo Weaver a longtemps été un "Touriste", un agent secret sans foyer et sans identité. II occupe désormais un poste de cadre au siège de la CIA et vit avec sa femme et sa petite fille dans une jolie maison de Brooklyn. Son ancienne vie, encombrée de secrets et de mensonges, est définitivement derrière lui, du moins l'espère-t-il. Mais le tueur à gages qu'il poursuivait depuis des années lui révèle des machinations insoupçonnées au sein de l'agence. Rattrapé par son passé, il n'a d'autre choix que de retourner sur le terrain. Et le terrain ne connaît pas de frontières. De Paris à Francfort, de Genève à Austin, Milo est pris à nouveau dans le Tourist-land."

Je ne vais pas dire que c'est un grand livre, juste un bon livre d'espionnage post guerre froide. On se laisse prendre par les mésaventures du héros et on espère une fin, sinon heureuse, au moins plus juste pour lui...

mercredi 26 janvier 2011

Le Mec de la tombe d'à côté

Le Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti, Gaïa édition, 2006

Désirée a perdu son mari dans un banal accident de bicyclette. Elle se rend souvent sur sa tombe. A côté de la pierre tombale des plus épurées se trouve un caveau foisonnant de fleurs et de décorations que visite un homme de son age, seul.
Entre ces deux êtres que tout oppose (conception de la vie, éducation et milieu social), un amour fulgurant va naitre. Cependant quand deux individus aussi différents se rejoignent, c'est souvent pour s'affronter et la friction des milieux engendre parfois la rupture.

J'en avais tant entendu parler que j'ai eu un peu peur d'être déçue... et bien, non ! Parce que si l'histoire n'a rien d'original, l'écriture met son grain de sel dans ce roman. L'alternance des voix des deux protagonistes ajoutent un côté ironique aux situations qu'ils vivent. Chacun voit ce qu'il veut voir et leur aspirations ne se rejoignent jamais ou presque alors que leur amour est là prégnant, sensible, sensuel. C'est amusant et bien écrit. Un très bon moment ! Une suite doit paraitre en mars...

vendredi 21 janvier 2011

Les petites soeurs

Les Petites soeurs, de Valérie Saubade, Anne Carrière, 2002.

Avec calme et détermination, Sarah se suicide à 40 ans. Sa famille française réceptionne les cendres et la nouvelle avec une certaine froideur pour ne pas dire une certaine distance. Sauf qu'à partir de ce moment là, tout se délie. Tout se délite. Sarah les hante. Sarah se venge. Et c'est à travers sa nièce, Agathe que les secrets se dévoilent peu à peu. Au centre, le père, calculateur, dominateur entouré d'ombre et de mensonges.

Roman très intéressant que j'ai abordé avec une certaine indifférence (il faisait partie de la haute pile de nouvelles acquisitions de la bibliothèque que je me devais de lire). Et puis surprise ! Sarah nous hante aussi. Nous pénétrons dans les secrets parfois vraiment sombres de cette famille en apparence parfaite. Nous cherchons à savoir tout en tremblant pour Agathe qui prend des risques. Le suspens y est habilement ménagé et l'écriture simple et fluide n'encombre pas l'intrigue de fioritures inutiles. Une bonne surprise, donc !

mercredi 19 janvier 2011

A comme Association

A comme Association, d'Erik L'Homme, Gallimard/Rageot, 2010.

"Jasper vit à Paris, va au lycée et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval. Bon, mais depuis peu, il fréquente aussi le 13, rue du Horla, l'adresse ultra secrète de L'Association. L'organisation a repéré chez lui des aptitudes certaines pour la magie et lui a proposé de devenir agent stagiaire. Et les stages de L'Association ne se déroulent pas vraiment autour de la photocopieuse ! Armé d'une bombe lacrymogène au jus d'ail, Jasper est envoyé chez les vampires pour enquêter sur un trafic de drogue. Attention au retour du jet d'ail ! "

C'est drôle et bien écrit ! Que dire de plus ? Et bien que j'attends de lire l'opus de Bottero pour savoir si l'association des deux écrivains a été fructueuse... mais le doute m'effleure à peine. Coup de cœur pour ado...

Cela faisait bien longtemps !

Bonne année à tous !
Bon, j'ai fait une petite pause en fin d'année mais j'ai tout de même lu quelques livres !

Notamment les sélections pour le Prix Lire et Élire organisé par la Bibliothèque départementale de Gironde.
Parmi les ouvrages de ces sélections, deux livres ont déjà fait l'objet d'une chronique sur ce blog : Les clefs de Babel et Le chagrin du roi mort.

Je vais ajouter que Hunger Games de Suzanne Collins m'a beaucoup déçu. Je l'ai trouvé long... très long...trop long. A tel point que je ne vais pas lire la suite !. Et que Blog de Jean Philippe Blondel est une petite pépite... Je commence à croire que je suis subjuguée par cet auteur. J'avais beaucoup aimé Au rebond dans la même collection. D'ailleurs, une remarque toute particulière à cette collection "Actes Sud Junior" dont la politique éditoriale est de très grande qualité.

J'ai aussi lu le second tome de La lignée, de Guillermo Del Toro. Un brin décevant. Dans le même genre j'ai bien plus apprécié les deux volumes de Westerfeld.

J'ai testé Le Club des philosophes amateurs d'Alexander Mc Call Smith, et bof bof bof... Même pas envie d'en faire la chronique.