dimanche 20 septembre 2009

Le Chagrin du roi mort

Le Chagrin du roi mort de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009.


Jean-Claude Mourlevat sait décidèment écrire pour les adolescents. Cette fois, il met en scène deux frères unis, liés, dans une contrée froide au porte de la guerre. L'un d'eux est enlevé par l'ennemi. Alors l'histoire révèle ses secrets. On ne peut en dire plus sans dévoiler l'intrigue. Juste ajouter que J.C. Mourlevat est doué pour décrire la relation à l'intérieur de la fratrie, l'apprentissage de la vie par la découverte de la lutte, de l'amour, de la trahison. Toujours confrontés à des choix difficiles, ses personnages sont amenés à accepter leur responsabilité, à affronter leur peur.

Comme dans Combat d'Hiver, son précédent livre (Prix Sorcières et Prix des Incorruptibles 2008) le langage est soigné sans être obscur, l'écriture fluide sans être bâclée. C'est un vrai plaisir de le lire.

vendredi 18 septembre 2009

Le Courage du papillon

Le Courage du papillon de Norma Fox Mazer, albin Michel jeunesse, 2009.

Une famille qui tire le diable par la queue dans une petite ville américaine, cinq soeurs et un homme. Ces cinq là sont toutes différentes et en fonction de leur âge, leur préoccupations ne sont pas les mêmes. Leur jeunesse et leur innocence attirent cet homme, inconnu, anodin, invisible. Une occasion se présente et c'est la vie des cinq filles qui se transforme. Elles doivent affronter la disparition, la peur et l'inquiétude tandis que celle qui reste au centre de l'histoire doit s'adapter, réfléchir et agir pour arriver à s'en sortir. Ce roman parle de la difficulté de grandir, de la capacité à affronter les changements de l'adolescence, à les accepter. L'enlèvement n'est que prétexte pour nous montrer que la construction d'une vie tient souvent à peu de chose.

Des chapitres courts, des voix intérieures qui permettent d'appréhender chaque personnage et de le comprendre, une écriture agréable sans accroche, ce roman s'adresse à des filles de 11 à 18 ans. Le thème peut paraitre difficile (enlèvement par pédophile) mais il est effleuré par l'écriture de N. Fox Mazer. Rien de cru, rien de trop difficile à lire, juste des suggestions et le silence de certains mots.

mardi 15 septembre 2009

La Grand-mère de Jade

La Grand-mère de Jade, Frédérique Deghelt, Actes Sud, 2009.

Révélation pour moi qui ne connaissait pas l'auteur. Décidément, c'est une habitude... Je sais ! J'ai de grosses lacunes à rattraper côté littérature contemporaine (ma fraise tagada, à moi, c'est plutôt le XVIIIème- XIXème siècle).
Donc, révélation que ce petit livre plein de joie, de tendresse, d'espoir aussi. Jade décide de prendre en charge sa grand mère, mamoune. Et on y croit à cette histoire qui rapproche les deux femmes... on y croit tellement fort que la fin s'abat sur nous tel le couperet implacable de la réalité. Émotion au rendez-vous, plaisir aussi tant l'écriture est fine, active, et tendre.
Du coup je vais sans doute puiser dans la bibliographie de l'auteur pour combler ce désir de la découvrir encore à travers ses écrits... Comme Foenkinos, Blondel, Martinez... Que du bonheur...

mardi 25 août 2009

Le Seigneur de Bombay

Le Seigneur de Bombay, de Vikram Chandra, Laffont, 2008.

Ce livre est immense, énorme... Il m'a fallut un été pour le lire d'une traite... On ne picore pas un tel ouvrage. C'est impossible tant l'écriture est dense, tant les détails foisonnent et les personnages abondent. Il faut tenir et le rythme est soutenu. Ce roman est extraordinaire ! Les personnages nous transportent à travers une Inde protéiforme où les différences de religions semblent plus importantes que le problème des castes. Les histoires se croisent et l'on poursuit la lecture parce que l'on veut absolument savoir... Comme en voyant Slumdog Millionnaire (le film de Danny Boyle), j'ai eu l'impression d'avoir une telle richesse entre les mains...
En dehors du fait que j'ai découvert l'Inde à travers ce roman, l'écriture est dense parfois difficile à suivre lorsque l'on est étranger à la culture présentée mais elle
sert le récit. Le vocabulaire rentre vite (et il y a un glossaire pour les plus lents...;-)... Alors rien à redire si ce n'est : Prenez le temps de le lire pour en savourer l'histoire.

lundi 27 juillet 2009

Les Déferlantes

Les Déferlantes de Claudie Gallay, Editions du Rouergue, 2008.


Le premier personnage de ce roman, c'est La Hague. La mer déchainée et sauvage y façonne les existences avec violence.
Le second personnage est une femme en quête d'oubli. Elle cherche à survivre malgré le manque et la douleur. La vie est là pourtant, tapie sous chaque rocher de la côte, silencieuse et intense. Une passion noyée dans le bruit assourdissant de la mer qu'un effleurement peut faire renaitre.
Il suffira d'une tempête, d'une rencontre, de non-dits et surtout d'une haine sourde pour que son existence muette bascule.
Beau roman donc, coup de cœur !

samedi 25 juillet 2009

Malavita

Malavita de Tonino Benacquista, Gallimard, 2004.
Malavita encore de Tonino Benacquista, Gallimard, 2008.


Imaginez un repenti américain et sa famille relogés dans la campagne normande.
Imaginez ces personnages hors normes et excessifs tentant de se fondre dans le décor. 
Gênés aux entournures, incapables de s'adapter réellement malgré leurs efforts, ils provoquent des catastrophes et notre hilarité.
Une petite réussite sur deux tomes dont on ne se lasse pas...

lundi 30 mars 2009

Sonate de l'assassin

Sonate de l'assassin, de Jean-Baptiste Destremeau, Max Milo, 2009.
"Laszlo Dumas est un pianiste célèbre à qui il manque ce petit rien qui fait la force des virtuoses. Un jour il décide de faire quelques fines erreurs volontaires. Certains s'en aperçoivent et meurt de sa main. Son jeu s'en ressent et s'améliore petit à petit. Ses crimes restent dans l'ombre jusqu'au jour où il tombe amoureux. Mais pas de n'importe qui, d'une femme qui relève ses fautes."

Trois voix pour une même trame et des chapitres courts donnent au roman un rythme haletant. Beaucoup de suspens et de plaisir pour ce thriller inhabituel.