jeudi 21 mars 2013

06h41

06h41, de Philippe Blondel, Buchet & Chastel, 2013
"Cécile Duffaut vient de passer le week-end chez ses parents à Troyes. Son mari et sa fille n'ont pas voulu l'accompagner. Trop ennuyeux ses vieux. Après deux jours de silence et d'incompréhension, elle est pourtant restée la nuit du dimanche ! Furieuse contre elle-même, elle attend donc, ce lundi matin, le train de 6h41 pour Paris. À quelques mètres, Philippe Leduc fait les cent pas. Il attend le 6h41. Pour lui, une journée particulière commence. Il préviendra le boulot plus tard. Il se dit qu'il pourrait disparaître. Personne ne l'attend. Divorcé. Ses enfants indifférents. Ses amis perdus. Enfin, pas vraiment, puisqu'il fait ce voyage pour rendre visite à Matthieu, l'ami d enfance. Pour une fois, le train est à l'heure. C'est l'assaut et le départ. Philippe Leduc erre dans les wagons et trouve enfin une place libre. Juste à côté de Cécile Duffaut. Aussitôt, ils se reconnaissent mais font comme si de rien n'était..."

Comment dire... ça n'est pas du grand Blondel, mais c'est du Blondel quand même... Et ça fait du bien. C'est agréable à lire, prenant et  comme toujours, la fin vient trop rapidement. Bon, je ne suis pas objective.... J'adoooore Blondel (mais pas que...)

vendredi 1 mars 2013

Emmaüs

Emmaüs, d'Alessandro Baricco, Gallimard, 2013
"Quatre garçons, une fille : d’un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l’autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs ; ses parents, eux, sont des parvenus qui ne croient qu’au travail et à l’argent. Quant aux garçons, ils ont dix-huit ans comme elle, mais c’est là leur seul point commun. Car ils sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l’église, et ils passent une partie de leur temps à rendre visite aux personnes âgées de l’hospice, les «larves». Alors qu’elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte, mais le prix à payer sera lui aussi considérable."
Je ne connaissais pas Alessandro Baricco. Pas lu Soie. Pas lu Sans sang. Pas lu Cette histoire là. Et puis, j'ai lu Emmaüs. Je me suis retrouvée dans un vieux film en noir et blanc où les garçons portent des chemisettes blanches et les filles des jupes bouffantes. L'atmosphère est très importante dans ce livre  et le narrateur la distille tout au long du récit avec des réflexions détachées, des constats inéluctables et des questions. Des questions qui n'appellent que le silence. Ou des silences.
J'ai beaucoup aimé mais ne suis parvenue à le faire apprécier de personne d'autre pour le moment... Parfois, il y a des rencontres qu'il faudrait garder pour soi.

mercredi 6 février 2013

Les dents de la mer

Les dents de la mer, de Peter Benchley, France loisirs, 1975
"Bon, je n'ai pas besoin de résumer, tout le monde connait !"
Mais que m'est-il arrivé ? Au grès de mon tri annuel de la réserve de la bibliothèque, je suis tombée sur un volume en toile bleue sans couverture illustrée. C'était Les dents de la mer. Me souvenant de la scène fatidique du début du film, j'ai voulu vérifier que c'était bien dans le livre.... et patatras ! j'étais mordue (oh, le vilain jeu de mot ;-).
En fait, le film n'est ni plus ni moins qu'une succession de scènes à suspens plus ou moins grand. Le livre, lui, se révèle une critique de la société américaine des années 70, avec des élus corrompus et des bourgeoises dépressives, où l'on préfère risquer la vie des gens plutôt que la faillite économique... Le requin n'est là que pour exacerber une situation déjà tendue. Je me suis prise au jeu et je l'ai lu très rapidement. Un petit livre à lire à la plage pour frémir à la moindre vaguelette... ;-))

jeudi 31 janvier 2013

XY

XY, de Sandro Veronesi, Grasset, 2013
"San Giuda, un village perdu dans la montagne du nord de l'Italie, déserté par les jeunes, isolé par la neige, pas de réseaux, ni portables, ni télévision. Seul Beppe Formento et son traîneau tiré par des chevaux, relie les quarante-deux habitants au monde. Il approvisionne l'épicerie et emmène, chaque jour quelques touristes admirer l'église et s'émerveiller devant un immense sapin arrosé au canon à neige !
Un matin, le traîneau se présente vide, le cheval terrorisé, les yeux révulsés. Tout le monde se précipite et aperçoit le grand arbre gelé, comme ensanglanté, et autour du tronc, à moitié enfouis dans le neige : des corps, dont celui de Beppe. Au même moment, Giovanna, jeune psychiatre de la ville voisine se réveille, baignant dans son sang : une cicatrice vieille de quinze s'est rouverte."
Oh, la, la, la claque ! Je regrettais ne n'avoir pas eu le temps de lire Chaos calme, le précédent ouvrage de Veronesi et me suis précipitée sur celui-ci. Je ne regrette pas, mais quelle claque ! D'abord, à tous ceux qui s'attendent à une explication finale, passez votre chemin ! Veronesi nous plonge dans un cloaque et ne nous en sort pas vraiment. Il n'y a pas d'explications, juste des questions. Des questions parfois sans réponses. Des appels à la réflexion. Des énigmes insolubles. Un livre remarquable, dont on ne sort pas immédiatement. Il m'a fallu quelques jours pour le digérer et passer à autre chose...

mercredi 12 décembre 2012

Atomka

Atomka, de Franck Thilliez, Fleuve noir, 2013
"Entre le moment où s'arrête la vie et celui où commence la mort, il existe une frontière. Certains l'ont explorée...
À quelques jours de Noël une affaire d'envergure démarre pour Lucie Hennebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, quai des Orfèvres. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue est amie a disparu, alors qu'elle enquêtait sur un dossier explosif dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier détenu par un enfant errant très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis grâce à des coups de fil mystérieux à la police.
Tandis que l'enquête s'accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse. Un duel secret et cruel s'engage alors, détruisant le flic à petit feu..."
Encore un bon policier de Thilliez ! Décidément, ça devient une habitude ! Juste un reproche toute de même. Si vous n'avez pas lu Syndrôme E et Gattaca, vous risquez de ne pas comprendre grand chose à l'histoire personnelle des deux flics. Et il est crucial de la comprendre cette fameuse histoire personnelle ! Donc, soit lire en survolant, soit lire les deux autres avant d'entamer Atomka qui vous transportera alors assez loin.
Ce qui est bien avec cet auteur, c'est que l'on apprend plein de choses... sur la vie rude en montagne avec Vertige, sur les boucles temporelles dans L'anneau de Moebius, sur l'atome et ses conséquences dans Atomka... Une vraie mine d'info ce Thilliez ! ;-))

jeudi 25 octobre 2012

Rentrée littéraire


Rentrée littéraire oblige, l'automne commence toujours pour moi sous un tas de feuilles imprimées, reliées, et dont certains possèdent des couvertures qui n'engagent absolument pas à la lecture (qui a dit aux communicants des éditeurs que la bouille même bonhomme d'un auteur pouvait faire vendre un livre ? ben, franchement, c'est pas gagné pour certains...) Mais je m'y suis astreint. C'est sans doute la dernière fois. Parce que j'en ai assez de dépenser de l'argent pour des livres sans intérêt.

Prenons le "Comme une bête" de Madame Sorman... Et bien, heureusement qu'elle remercie son monde à la fin, parce que Safran Sfoer écrit beaucoup mieux sur le sujet... et franchement la vie de son boucher ne nous excite guère...

Le "Swamplandia " de Madame Russell aurait pu être moins... long.... pour en arriver là...

"Quel trésor !" nous cueille un brin, et l'écriture y est si ciselée, si magnifique que force est de reconnaitre que, même si je me suis un peu ennuyée, le livre accroche et nous entraine...

Il me reste "Peste et Choléra" de Monsieur Deville que je viens de commencer. Et déjà, je trouve les phrases peu propices à une lecture sereine (je veux dire par là que si je dois relire deux fois chaque phrase pour en comprendre le sens, c'est qu'il y a un petit soucis dans l'écriture me semble-t-il)
Ensuite, il y a le Guenassia, le Joncour, le Schneck et l'Olasdottir... J'appréhende ! Je pourrais toujours me rabattre sur le Thilliez pour me consoler... à moins que je ne tombe sur une perle... Ma perle de la rentrée... nous verrons cela...

mercredi 10 octobre 2012

Un Week-end en famille

Un Week-end en famille, François Marchand, Cherche-midi, 2012.

"Faire la connaissance de ses beaux-parents n'est jamais chose facile. Surtout s'ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d'un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu'à quel point? Et l'impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région? "

Avec Marchand, on s'attend toujours au pire. Et le pire que vous puissiez imaginer n'est jamais assez. Après avoir adoré "Plan social", j'attendais avec une certaine impatience le roman suivant de cet auteur, et je ne suis pas déçue. Quelle rigolade ! Et même si ce rire là grince furieusement (la scène chez Ikéa m'a rappelé de "bons" souvenirs... sauf que ma comparaison était beaucoup plus morbide), c'est un rire libérateur. Certes, Marchand se moque méchamment ( Teulé est gentil à côté... très, très gentil, même) mais quel bonheur ! Et même si l'opus n'a pas pour objectif de nous faire réfléchir, il y a sous la couche épaisse de cynisme, un vérité cinglante qui ne manque pas de nous interpeler.