mercredi 4 novembre 2015

Je suis Pilgrim

Je suis Pilgrim, Terry Hayes, JC Lattès, 2014.

"Pilgrim est le nom de code d’un homme qui n’existe pas. Il a autrefois dirigé une unité spéciale du Renseignement américain. Avant de prendre une retraite dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d'agent secret va bientôt le rattraper..."

Je dois bien avouer que je ne m'attendais pas du tout à ce que j'ai trouvé dans ce livre. J'en avais noté les références sur un coin de papier sans plus me souvenir du résumé. Je savais juste que j'avais eu très envie de le lire. J'ai donc lu la 4ème de couverture en m'étonnant moi-même de ce qu'il suggérait, car définitivement, ça n'est pas le genre de livres que je lis avec plaisir ordinairement. Je l'ai entamé et j'étais prise au piège.
L'intrigue est haletante, même si au départ on ne voit pas trop où tout cela va nous mener. On a envie de savoir, de poursuivre et de comprendre. C'est une somme qui nous donne parfois des sueurs froides (la facilité du terroriste à parvenir à ses fins est terrifiante) et beaucoup de plaisir de lecture. Pour ne rien gâcher, l'écriture est agréable, sans être trop simpliste ou linéaire. Un bon livre. Cela ne m'étonnerait pas qu'il y ait une adaptation ciné... L'ouvrage s'y prêterait sans difficulté.

vendredi 30 octobre 2015

La Terre qui penche

La Terre qui penche, Carole Martinez, Gallimard, 2015.

"Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend. Veut-on l’offrir, elle, l'enfant-chardon, au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?  
"

   Alors, oui, j'aime Carole Martinez d'amour ! Oui, j'ai quelques auteurs comme ça (Frédérique Deghelt,  Marie-Sabine Roger, Patrick Ness, Jean-Philippe Blondel, Jean-Philippe Jaworski,...Tiens deux Jean-Philippe, il va falloir que j'étudie cela de plus près ;-) qui ne me laissent jamais indifférente, parfois plus à cause de leur écriture que de leur histoire. J'aime comme ils écrivent. Leurs mots me touchent. 
  Je dois avouer que j'ai une petite préférence pour Carole Martinez... Pourquoi ? Vous demandez-vous.
Il s'agit de l'atmosphère que son écriture est seule à générer. Quand vous lisez Le Cœur cousu, Du domaine des Murmures ou La Terre qui penche, vous voyez la brume du petit matin, le soleil qui joue avec les vitraux, la Loue sinueuse et traitresse, les petites gens et les grands du monde. Vous vivez la magie de ce monde que Carole Martinez vous dévoile peu à peu.
  Jaworski réinvente le moyen-age avec le brio des batailles et du sang, Martinez le fait revivre avec le souffle ténu des légendes qui ne s'écrivent pas mais se chantent. C'est beau et cela mérite d'être lu.

mardi 6 octobre 2015

Une année de lecture...

...en si peu de mots.
La lecture prend du temps. L'écriture aussi. Et le temps manque. A force de nous disperser, nous n'arrivons plus à rien... et quand je dis "nous", je pense "moi". Il ne s'agit pas de manque d'envie ni même de manque de contenu. Loin de là. L'envie reste présente et le contenu déborderait sans doute. Mais le temps manque. Le temps manque et je cours après inexorablement.

Encore un an d'intervalle et toujours autant à écrire pourtant. Alors voilà une liste non exhaustive de ce que j'ai aimé depuis juin 2014.

Point de vraie critique, juste des titres et des auteurs et quelques remarques... A vous de voir si vous souhaitez aller plus loin.
- L'Affaire des vivants / Christian Chavassieux (découverte intéressante !)
- Le Sniper / Stephen Hunter (Un héros vieux baroudeur comme on les aime)
-  Une saison à Longbourn / Jo Baker (point de vue intéressant... mais il faut avoir lu "Orgueil et préjugés" pour réellement l'apprécier)
- Trente-six chandelles / Marie-Sabine Roger... (Encore une belle réussite pour cet auteur que j'adore)
- Les Plus belles mains de Delhi / Mikael Bergstrand (Intéressant mais sans plus)
- L'Oeil du prince / Frédérique Deghelt (décevant... mais j'attends tellement de cet auteur!)
- Wild cards / George R Martin (Je n'ai qu'une chose à dire... mieux vaudrait pour lui de finir Games of Throne...parce que là, c'était pas terrible...)
- Constellation / Adrien Bosc (Une belle surprise!)
- Un hiver à Paris / Jean-Philippe Blondel (Un livre qui passe...)
 - Dossier Corrigan / Raymond Khoury ( Lu pour voir... pas vraiment déçu ni enthousiaste...)
-  Rue du Bonheur / Anna Fredriksson ( feel good lit... bof)
- Amusez vous en pensant à moi / Asa Hellberg ( idem et re-bof)
- Pardonnable, impardonnable / Valérie Tong Cuong (Voilà un bon livre !)
- Trompe-la-mort / J-Michel Guenassia ( Lu pour voir... pas mal)
- Mordecai / Kyril Bonfiglioli ( Bon le livre est mieux que le film, ça c'est sûr... mais je ne suis pas sûre d'avoir tout apprécié... Cet anglais là est un peu trop vulgaire à mon gout..;)
- Les défricheurs du nouveau-monde / Roger Béteille (Si on m'avait dit un jour que j'apprécierais un livre dit "terroir"...)
- Silo / Hugh Howey (Génial, super, trop bien... recommandé!)
- Amours / Leonor de Récondo (Une excellente surprise !)
- Ma vie de pingouin / Katarina Mazetti (L'auteur renoue avec le drôle pathétique et c'est très bien)
- Numéro zéro / Umberto Eco (quand Eco s'essaye à faire du Larsson, ça fait pchittt)
- La Part des flammes / Gaelle Nohant (Heureuse surprise!)
- La Bibliothèque des coeurs cabossés / Katarina Bivald ( Feel good lit, pas mal)
- 40 tentatives pour trouver l'homme de sa vie / Rachel Corenblit (ça confirme ma première impression... nul)
- Toute la lumière que nous pouvons voir / Anthony Doerr ( Intéressant à plus d'un titre...)
- ça aussi, ça passera / Milena Busquets ( Pas mal )
- Il était une ville / Thomas B Reverdy ( Lu pour voir... j'ai vu)
- La terre qui penche / Carole Martinez ( Mais comment fait-elle pour être toujours aussi ... ahah! j'ai même pas le mot, tiens !)

Bien sûr, j'en ai lu trois fois plus en jeunesse... et notamment en littérature ado.
Quelques titres marquants, parce que dans ce domaine, il y a quand même beaucoup de déchets...
- Les Autodafeurs / Marine Carteron (Génial... Il a même gagné le Prix Vayres la Lecture 2015 voir ici )
- Les Légendes de Blackwell / Melissa Marr ( vivement la suite....)
- Le Miroir brisé / Jonathan Coe
- C'est pas grave / Jo Hoestlandt (vraiment, vraiment à lire)
- Seuls au monde / Emmy Laybourne (haletant)
- Les Mondes de l'Alliance / David Moitet (de la SF pour jeunes ado...)
-  Ici et maintenant / Ann Brashares ( quand un auteur pour "fille" fait dans le fantastique, et bien c'est intéressant ! Comme quoi !)
- Oliver et les iles vagabondes / Philip Reeve (un auteur pour les 9/10 ans qui fait dans le déjanté et l'original sans tomber dans le journal intime... wouahhhh)
- La 5ème vague / Rick Yancey (pour le moment, les retournements de situation ont fait que je me tâte encore entre extra et grosse daube...)
- L’Épreuve / James Dashner ( Il faut bien le dire... j'ai lu le livre après avoir vu le film. Et, ô surprise ! C'est mieux en livre ;-) C'est quand même pas le livre du siècle)
- Sherlock Holmes est mort, vive Moriarty / Anthony Horowitz (dommage que ce titre nous révèle un tenant de l'intrigue...)
 - Ne t'arrête pas / Michelle gagnon ( Me fait penser à la "Mémoire dans la peau"... peut pas être mauvais donc...)
- Le théorème des Katherine / John Green (Comme quoi, je ne suis pas rancunière après le larmoyant et chianchian "Nos étoiles contraires" )
- De cape et de mots / Flore Vesco (Drôle et intéressant)
- Automne / Jan Henrik Nielsen ( Une découverte. Du post-apo pour 9/10 ans!)
- Le Puits / Ivan Repila (Oulala! Lecture pour grand ado parce que ça coupe le souffle et ça fait frémir)
- Douze ans, sept mois et onze jours / Lorris Murail ( A ne pas confondre avec Marie-Aude... Rien à voir et frémissant)
- Gardiens des cités perdues / Shannon Messenger (intéressant)
- Mon heure viendra / Nina Vogt-Osli ( wouahhh... Vraiment excellent...)
- Ciel 1.0 / Johan Heliot ( A tous ceux qui adore "Terminator" comme moi, ce livre est pour vous ! ;-)
- Half Bad / Sally Green (parfois très dur... mais j'ai une lecture que les ado n'auront pas... Ils restent bien souvent à la surface des choses)
- Nous les menteurs / E. Lockhart ( La claque que l'on prend à la fin...)
- Le royaume des cercueils suspendus / Florence Aubry ( adoré)
- Abaton / Chritian Jeltsch ( J'espérais une suite, il l'a fait !)
- Sous le signe du scorpion / Maggie Stiefvater ( comme quoi je ne suis pas rancunière après le daubesque "Frisson" !)

Les beurk dont on peut se passer : Nos étoiles contraires (lui préférer "Dieu me déteste"  qui est mille fois mieux sur un thème similaire), Les 100 (livre pourri, série pourrie...), Frozen ( Melissa de la Cruz a encore frappé...et on pourrait s'en passer), L'Eveil des Macchabs (dommage, moi j'aime bien les histoires de zombies d'habitude), Une saison couleur citron (du feel good sans saveur), Le Suivant sur la liste ( Manon Fargetton a pompé sur Erik L'homme et c'est pas bien...), Frisson de Stiefvater (Arrgh! Mais c'est nullissime alors que "Sous le signe du scorpion" est si bien...), U4 (décevant, décevant, décevant... rien d'autre à dire !)






vendredi 16 mai 2014

172 heures sur la lune de Johan Harstad

172 heures sur la lune de Johan Harstad, Albin Michel,2013

"Personne n’est plus retourné sur la lune depuis Neil Armstrong en 1969. Lorsque la NASA lance une loterie mondiale dont le gain est un séjour sur la lune, trois adolescents remportent le gros lot : Mia, la norvégienne, Midori, la japonaise et Antoine, le français gagnent le précieux prix. Mais une fois sur la lune, seuls sur la surface désolée, ils découvrent une chose inimaginable, qu’aucun scientifique n’avait envisagée..."

Le mot le plus juste est "angoissant". Dès le départ on a l'intuition que cela finira mal. Dès le départ, les héros sont voués à un destin funeste. Dès le départ le stress est là et que c'est bon !
Une vraie réussite même si la fin m'a un peu déçue, non parce que je m'y attendais, mais plutôt parce qu'elle aurait mérité plus de mystère... Vouloir tout expliquer concrètement diminue l'angoisse du départ... Quand on ne sait pas, c'est bien connu, on imagine et c'est toujours pire (surtout quand on a beaucoup d'imagination comme moi, le champ des possibles est largement ouvert... Alors tout peut arriver !)
Un bon roman, bien écrit et fluide. Sans difficulté de lecture et très prenant...

Une année de pause

Après ma longue pause d'un an, me revoilà avec de nombreux livres lus et peu qui me restent en mémoire... Mais tout de même...

La découverte d'un auteur :

Agnès Ledig avec Juste avant le bonheur et Marie d'en haut. Deux livres qui pourraient paraitre légers et qui sont cependant emprunts d'une gravité qui ne laisse personne indifférent.

Le titre est trompeur, la couverture aussi. Il ne s'agit pas ici d'un énième livre sur la conquête du bonheur mais plutôt un livre sur la reconstruction de soi.


En vrac quelques livres que j'ai aimé cette année :

Le Cycle de Mars de E. R. Burroughs  - Pour ceux qui comme moi on aimé John Carter malgré toutes les mauvaises critiques ciné... Le livre est encore mieux, bien sûr !!!

Les Paradis aveugles de T.H. Duong - Un livre que je conseille vivement...Le sujet ne me passionnait pas outre mesure mais vraiment une belle écriture et une histoire magnifique.

Le Viking qui voulait épouser la fille de soie de K. Mazetti  - J'adore les histoires de vikings et celle-là est extra... rien à voir avec ce qu'écrit l'auteur d'habitude.

Esprit d'hiver de L. Kasischke  - Un livre qui se lit d'une traite avec un final coup de poing... j'ai adoré !

Kinderzimmer de V. Goby - Un sujet poignant sur lequel je n'avais jamais rien lu. Un livre dont on ne sort pas indemne. Un peu comme le Monsieur le commandant de Slocombe.

La Dernière fugitive de T. Chevalier - Une merveilleuse histoire sur un sujet historique lui-aussi... dont je n'avais pas entendu parler. Encore ! Vous allez me prendre pour une ignorante...et ce serait juste ! Tant de choses à apprendre et si peu de temps !

Les Brumes de l'apparence de F. Deghelt - Je ne reviens pas sur le fait que j'aime beaucoup cet auteur. Ce livre est encore très bien écrit sur un sujet qui pose de nombreuses questions. A ne pas mettre entre toutes les mains sinon gare aux réactions virulentes de certains... J'en ai eu ! L'intolérance est de plus en plus de mise en bibliothèque... on se croirait presque aux États-Unis !

En littérature ado... beaucoup lu. Beaucoup de niaiseries... Néanmoins quelque uns sortent du lot pour les bonnes raisons qu'ils sont rythmés et/ou intéressant et/ou amusants et/ou originaux...

Le Garçon qui voulait devenir un être humain de J. Riel - Un superbe livre à placer entre toutes les mains, sur l'apprentissage de la tolérance et la découverte de l'autre... Des viking et des "êtres humains" face à face...

Numéro quatre (et les suivants) de P. Lore - Une bonne série fantastique qui nous change des mondes post-apocalyptiques en vogue en ce moment.

Warm bodies de I. Marion - Un livre drôle et original sur les zombies. Une métaphore de la tolérance avec un brin d'humour, ce qui n'est pas pour me déplaire...

Zombies panic de Kirsty Mc Kay - Aucune métaphore ici. Juste des zombies et des pré-ado livrés à eux-mêmes. Des hypothèses idiotes et des scènes assez réussies....

Le Coeur en braille de P. Ruter - Une belle histoire d'amitié atypique entre un garçon lunaire et une jeune fille très douée... J'avais sélectionné le livre pour le Prix Vayres la Lecture cette année.

Le Clan des Otori de L. Hearn - Une série qui n'est pas nouvelle mais que j'ai découvert avec bonheur. Quelle aventure ! Quelle épopée ! Quel souffle ! Magnifique !


La palme du pire livre que j'ai pu lire cette année est attribuée à Chambre 2 de J.B. Bonnie.

mercredi 3 avril 2013

L'Atelier des miracles

L'atelier des miracles, Valérie Tong Cuong, JC Lattès, 2013

"Mariette, Prof d’histoire-géo au bout du rouleau mariée à un politicien narcissique, Millie, jeune secrétaire intérimaire vivant dans une solitude abyssale, et Monsieur Mike, déserteur de l’armée ayant la rue pour foyer heurtent brutalement le mur de leur existence. Un homme providentiel surgit et leur tend la main – Jean, qui accueille dans son Atelier les âmes cassées, et dont on dit qu’il fait des miracles. Mais peut-on vraiment se reconstruire sans affronter ses fantômes ? "
Un petit livre dont je n'attendais rien de particulier et qui s'est révélé très agréable à lire. Les personnages sont intéressants et l’imbroglio de leurs vies croisées nous tient en haleine jusqu'au bout. Un livre sans prétention qui m'a fait découvrir avec plaisir un nouvel auteur.

dimanche 31 mars 2013

Trilogie Léviathan

Léviathan, Béhémoth et Goliath, de Scott Westerfeld, Pocket, 2010-2012
"Alek se retrouve propulsé hors du cocon familiale dans lequel ses parents le maintenaient lorsque ceux-ci sont assassinés à l'aube de la première guerre mondiale. Héritier secret du trône d'Autriche, il est poursuivi par les ennemis de son père et doit fuir. Son chemin va croiser celui de Deryn, qui dissimulée sous des atours masculins, s'est engagée dans l'Air service britannique." 
Ce pourrait être un roman historique, mais c'est une sorte d'Ukronie car le monde dans lequel évoluent les personnages est peuplé de machines perfectionnées fabriquées par les Clankers et d'animaux créés de toute pièce par des Darwinistes.
C'est passionnant à lire et le chassé-croisé entre les différents protagonistes est mené de main de maitre par Westerfeld (comme toujours, oserais-je dire.). Nous avons donc suivi Deryn et Alek sur trois tomes ayant l'impression de n'en lire qu'un... une réussite !

jeudi 21 mars 2013

06h41

06h41, de Philippe Blondel, Buchet & Chastel, 2013
"Cécile Duffaut vient de passer le week-end chez ses parents à Troyes. Son mari et sa fille n'ont pas voulu l'accompagner. Trop ennuyeux ses vieux. Après deux jours de silence et d'incompréhension, elle est pourtant restée la nuit du dimanche ! Furieuse contre elle-même, elle attend donc, ce lundi matin, le train de 6h41 pour Paris. À quelques mètres, Philippe Leduc fait les cent pas. Il attend le 6h41. Pour lui, une journée particulière commence. Il préviendra le boulot plus tard. Il se dit qu'il pourrait disparaître. Personne ne l'attend. Divorcé. Ses enfants indifférents. Ses amis perdus. Enfin, pas vraiment, puisqu'il fait ce voyage pour rendre visite à Matthieu, l'ami d enfance. Pour une fois, le train est à l'heure. C'est l'assaut et le départ. Philippe Leduc erre dans les wagons et trouve enfin une place libre. Juste à côté de Cécile Duffaut. Aussitôt, ils se reconnaissent mais font comme si de rien n'était..."

Comment dire... ça n'est pas du grand Blondel, mais c'est du Blondel quand même... Et ça fait du bien. C'est agréable à lire, prenant et  comme toujours, la fin vient trop rapidement. Bon, je ne suis pas objective.... J'adoooore Blondel (mais pas que...)

vendredi 1 mars 2013

Emmaüs

Emmaüs, d'Alessandro Baricco, Gallimard, 2013
"Quatre garçons, une fille : d’un côté, le narrateur, le Saint, Luca et Bobby, et, de l’autre, Andre. Elle est riche, belle, et elle distribue généreusement ses faveurs ; ses parents, eux, sont des parvenus qui ne croient qu’au travail et à l’argent. Quant aux garçons, ils ont dix-huit ans comme elle, mais c’est là leur seul point commun. Car ils sont avant tout catholiques, fervents voire intégristes. Musiciens, ils forment un groupe qui anime les services à l’église, et ils passent une partie de leur temps à rendre visite aux personnes âgées de l’hospice, les «larves». Alors qu’elle incarne la luxure, Andre les fascine, ils en sont tous les quatre amoureux. La tentation est forte, mais le prix à payer sera lui aussi considérable."
Je ne connaissais pas Alessandro Baricco. Pas lu Soie. Pas lu Sans sang. Pas lu Cette histoire là. Et puis, j'ai lu Emmaüs. Je me suis retrouvée dans un vieux film en noir et blanc où les garçons portent des chemisettes blanches et les filles des jupes bouffantes. L'atmosphère est très importante dans ce livre  et le narrateur la distille tout au long du récit avec des réflexions détachées, des constats inéluctables et des questions. Des questions qui n'appellent que le silence. Ou des silences.
J'ai beaucoup aimé mais ne suis parvenue à le faire apprécier de personne d'autre pour le moment... Parfois, il y a des rencontres qu'il faudrait garder pour soi.

mercredi 6 février 2013

Les dents de la mer

Les dents de la mer, de Peter Benchley, France loisirs, 1975
"Bon, je n'ai pas besoin de résumer, tout le monde connait !"
Mais que m'est-il arrivé ? Au grès de mon tri annuel de la réserve de la bibliothèque, je suis tombée sur un volume en toile bleue sans couverture illustrée. C'était Les dents de la mer. Me souvenant de la scène fatidique du début du film, j'ai voulu vérifier que c'était bien dans le livre.... et patatras ! j'étais mordue (oh, le vilain jeu de mot ;-).
En fait, le film n'est ni plus ni moins qu'une succession de scènes à suspens plus ou moins grand. Le livre, lui, se révèle une critique de la société américaine des années 70, avec des élus corrompus et des bourgeoises dépressives, où l'on préfère risquer la vie des gens plutôt que la faillite économique... Le requin n'est là que pour exacerber une situation déjà tendue. Je me suis prise au jeu et je l'ai lu très rapidement. Un petit livre à lire à la plage pour frémir à la moindre vaguelette... ;-))

jeudi 31 janvier 2013

XY

XY, de Sandro Veronesi, Grasset, 2013
"San Giuda, un village perdu dans la montagne du nord de l'Italie, déserté par les jeunes, isolé par la neige, pas de réseaux, ni portables, ni télévision. Seul Beppe Formento et son traîneau tiré par des chevaux, relie les quarante-deux habitants au monde. Il approvisionne l'épicerie et emmène, chaque jour quelques touristes admirer l'église et s'émerveiller devant un immense sapin arrosé au canon à neige !
Un matin, le traîneau se présente vide, le cheval terrorisé, les yeux révulsés. Tout le monde se précipite et aperçoit le grand arbre gelé, comme ensanglanté, et autour du tronc, à moitié enfouis dans le neige : des corps, dont celui de Beppe. Au même moment, Giovanna, jeune psychiatre de la ville voisine se réveille, baignant dans son sang : une cicatrice vieille de quinze s'est rouverte."
Oh, la, la, la claque ! Je regrettais ne n'avoir pas eu le temps de lire Chaos calme, le précédent ouvrage de Veronesi et me suis précipitée sur celui-ci. Je ne regrette pas, mais quelle claque ! D'abord, à tous ceux qui s'attendent à une explication finale, passez votre chemin ! Veronesi nous plonge dans un cloaque et ne nous en sort pas vraiment. Il n'y a pas d'explications, juste des questions. Des questions parfois sans réponses. Des appels à la réflexion. Des énigmes insolubles. Un livre remarquable, dont on ne sort pas immédiatement. Il m'a fallu quelques jours pour le digérer et passer à autre chose...

mercredi 12 décembre 2012

Atomka

Atomka, de Franck Thilliez, Fleuve noir, 2013
"Entre le moment où s'arrête la vie et celui où commence la mort, il existe une frontière. Certains l'ont explorée...
À quelques jours de Noël une affaire d'envergure démarre pour Lucie Hennebelle et Franck Sharko, policiers dans la fameuse section criminelle du 36, quai des Orfèvres. Christophe Gamblin, journaliste de faits divers, est retrouvé mort de froid, enfermé dans son congélateur. Sa collègue est amie a disparu, alors qu'elle enquêtait sur un dossier explosif dont personne ne connaît le contenu. Sa seule trace est son identité griffonnée sur un papier détenu par un enfant errant très malade, aux organes déjà vieillissants. En parallèle, une ancienne affaire de femmes enlevées refait surface : des victimes jetées vivantes mais inconscientes dans des lacs quasi gelés, et secourues in extremis grâce à des coups de fil mystérieux à la police.
Tandis que l'enquête s'accélère, Sharko est confronté à de vieux démons. Une ombre évolue dans son sillage, jouant avec lui de manière dangereuse. Un duel secret et cruel s'engage alors, détruisant le flic à petit feu..."
Encore un bon policier de Thilliez ! Décidément, ça devient une habitude ! Juste un reproche toute de même. Si vous n'avez pas lu Syndrôme E et Gattaca, vous risquez de ne pas comprendre grand chose à l'histoire personnelle des deux flics. Et il est crucial de la comprendre cette fameuse histoire personnelle ! Donc, soit lire en survolant, soit lire les deux autres avant d'entamer Atomka qui vous transportera alors assez loin.
Ce qui est bien avec cet auteur, c'est que l'on apprend plein de choses... sur la vie rude en montagne avec Vertige, sur les boucles temporelles dans L'anneau de Moebius, sur l'atome et ses conséquences dans Atomka... Une vraie mine d'info ce Thilliez ! ;-))

jeudi 25 octobre 2012

Rentrée littéraire


Rentrée littéraire oblige, l'automne commence toujours pour moi sous un tas de feuilles imprimées, reliées, et dont certains possèdent des couvertures qui n'engagent absolument pas à la lecture (qui a dit aux communicants des éditeurs que la bouille même bonhomme d'un auteur pouvait faire vendre un livre ? ben, franchement, c'est pas gagné pour certains...) Mais je m'y suis astreint. C'est sans doute la dernière fois. Parce que j'en ai assez de dépenser de l'argent pour des livres sans intérêt.

Prenons le "Comme une bête" de Madame Sorman... Et bien, heureusement qu'elle remercie son monde à la fin, parce que Safran Sfoer écrit beaucoup mieux sur le sujet... et franchement la vie de son boucher ne nous excite guère...

Le "Swamplandia " de Madame Russell aurait pu être moins... long.... pour en arriver là...

"Quel trésor !" nous cueille un brin, et l'écriture y est si ciselée, si magnifique que force est de reconnaitre que, même si je me suis un peu ennuyée, le livre accroche et nous entraine...

Il me reste "Peste et Choléra" de Monsieur Deville que je viens de commencer. Et déjà, je trouve les phrases peu propices à une lecture sereine (je veux dire par là que si je dois relire deux fois chaque phrase pour en comprendre le sens, c'est qu'il y a un petit soucis dans l'écriture me semble-t-il)
Ensuite, il y a le Guenassia, le Joncour, le Schneck et l'Olasdottir... J'appréhende ! Je pourrais toujours me rabattre sur le Thilliez pour me consoler... à moins que je ne tombe sur une perle... Ma perle de la rentrée... nous verrons cela...

mercredi 10 octobre 2012

Un Week-end en famille

Un Week-end en famille, François Marchand, Cherche-midi, 2012.

"Faire la connaissance de ses beaux-parents n'est jamais chose facile. Surtout s'ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d'un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu'à quel point? Et l'impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région? "

Avec Marchand, on s'attend toujours au pire. Et le pire que vous puissiez imaginer n'est jamais assez. Après avoir adoré "Plan social", j'attendais avec une certaine impatience le roman suivant de cet auteur, et je ne suis pas déçue. Quelle rigolade ! Et même si ce rire là grince furieusement (la scène chez Ikéa m'a rappelé de "bons" souvenirs... sauf que ma comparaison était beaucoup plus morbide), c'est un rire libérateur. Certes, Marchand se moque méchamment ( Teulé est gentil à côté... très, très gentil, même) mais quel bonheur ! Et même si l'opus n'a pas pour objectif de nous faire réfléchir, il y a sous la couche épaisse de cynisme, un vérité cinglante qui ne manque pas de nous interpeler.

mardi 4 septembre 2012

Monsieur le Commandant

Monsieur le Commandant, Romain Slocombe, NIL, 2011

"Écrivain et académicien, Jean-Paul Husson a amplement contribué à faire briller les lettres françaises dans le Paris de l'avant-guerre. Il s'est désormais retiré dans la petite ville que nous nommerons Andigny, en haute Normandie, pour se consacrer à son œuvre, habitée par un catholicisme fervent, qui s'accompagne de plus de plus d'un antisémitisme " patriotique ". Jean-Paul Husson est un bon père de famille et un époux attentif, jusqu'au jour où son fils, Olivier, avec lequel il entretient peu d'affinités, lui présente sa jeune épouse, Ilse, une actrice allemande aux traits aryens et à la blondeur lumineuse. Alors le drame s'insinue et la lettre prend soudain une autre tournure."

Comme ce livre est dérangeant !  Mais dans le bon sens. Dérangeant, parce que sans justifier l'attitude parfois révoltante de certains intellectuels entre 1935 et 1945, ce roman nous donne une vision d'un mode de pensée courant à l'époque, qui a conduit nombre de ces intellectuels à ignorer la réalité de ce que représentait l'occupation et l'idéologie allemande (tout comme certains intellectuels ont ignoré la réalité du stalinisme). C'est un beau et bon livre. Lu d'une traite. On espère longtemps, tout en sachant la fin inéluctable et tellement désespérante.

vendredi 20 juillet 2012

Vertige

Vertige, Franck Thilliez, Fleuve noir, 2011.

"Un homme se réveille au fond d'un gouffre, au coeur d'un environnement hostile, deux inconnus et son fidèle chien comme seuls compagnons d'infortune. Il est enchaîné au poignet, l'un des deux hommes à la cheville et le troisième est libre, mais sa tête est recouverte d'un masque effroyable, qui explosera s'il s'éloigne des deux autres. Qui les a emmenés là ? Pourquoi ? Bientôt, une autre question s'imposera, impérieuse : jusqu'ou faut-il aller pour survivre ?"

Je l'avoue de suite... J'adooore Thilliez... C'est pas croyable ce que cet homme là arrive à me faire lire ! Par exemple, ce huis clos étouffant sur cet ancien alpiniste n'avait pas grand chose pour me plaire. Je l'avais pris entre midi et deux, histoire de feuilleter quelque chose pendant le repas (et oui, je lis en mangeant ! Je sais, c'est pas bien, pas poli, et tout et tout... mais manger sans rien faire d'autre que regarder le plafond ou le ciel nuageux, c'est perdre du temps d'après moi, surtout au boulot... Et les collègues ? Joker!) Bien mal m'en a pris. Je ne l'ai pas lâché. Et je l'ai fini trois heures plus tard. Gloups... Heureusement que lire fait partie de mon boulot, sinon j'étais cuite !
Donc, vous l'aurez compris, c'est assez palpitant. On ne regrette pas de s'y plonger, et on déplore de le finir aussi vite.

La liste de mes envies

La liste de mes envies, Grégoire delacourt, JC Lattès, 2012.

"Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange. sa vie n'a rien d'un beau roman ni d'un film affreux. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, 18.547.301€ lui tombent dessus."

Ce roman commence plutôt bien... et puis il y a la rupture que l'on attend, le moment où tout bascule. Bon, moi je suis plutôt d'accord, l'argent ne fait pas le bonheur (mais il y contribue fortement, surtout en ces temps de crise). Et puis, ce personnage tout en douceur qui devient tranchant, on y croit moyennement. En fait, en refermant l'ouvrage, je me suis prise à penser que Jocelyne aurait gagné en profondeur en vivant sous la plume d'une femme. Et qu'il n'y avait qu'un homme pour imaginer qu'une héroïne puisse se résigner à ce point et ne pas renaitre. Car Jocelyne meurt. Oui, parfaitement. Elle n'existe plus. Ce que la méchanceté et le deuil n'étaient pas parvenus à accomplir, la trahison y parvient. Et c'est plutôt mal vu, peu crédible, car la trahison d'un homme même si il est l'élu (ce qui n'est pas vraiment le cas dans ce roman) n'est rien comparé à la perte d'un enfant.
Ce que je reproche le plus, donc, à ce roman, c'est de ne pas m'avoir convaincue. Je n'y ai pas cru. Et ça c'est pire que tout. Même le PS, I love you de Cecelia Ahern était plus crédible (et Dieu sait que j'ai trouvé ce bouquin affligeant), c'est dire.


samedi 16 juin 2012

La Saga Vorkosigan

La Saga Vorkosigan, Intégrale 1, Lois Mc Master Bujold, Nouveaux Millénaires, 2011

"Née en 1949 dans l'Ohio, Lois McMaster Bujold est l'auteur de nombreux romans. Sa monumentale Saga Vorkosigan, saluée par quatre prix Hugo, deux Nebula et deux Locus, (fait inégalé dans l'histoire de la science-fiction) raconte les nombreux épisodes de la vie de son héros éponyme, Miles Vorkosigan."

Pour ma part je viens de lire Chute libre et L'Honneur de Cordélia et je trouve ça vraiment bien. Bien écrit. Bien développé. Histoire originale et qui pourtant coule de source. Aucun problème de compréhension pour la néophyte que je suis... Des héros attachants et une intrigue prenante. Je me demande pourquoi personne n'a encore eu l'idée d'en faire un film...

mardi 29 mai 2012

Non, non, je ne suis pas morte... le blog non plus...
C'est juste que cette année 2012 est assez... remplie, mais pas forcément de très bons livres...
Alors je lis, mais je n'ai pas envie de chroniquer... Même pas pour critiquer, c'est dire !
Cela doit être la prochaine fin du monde qui me perturbe ^_^ Va falloir remédier à ça...

Bon en attendant, quatre livres pas mal...dans quatre genres différents.




vendredi 24 février 2012

Les filles, Lori Lansens, L'Archipel, 2010

"Rose entreprend d'écrire sa vie à vingt-neuf ans, sachant ses jours et ceux de Ruby, sa sœur, comptés. Qu'elles aient atteint cet âge relève déjà du miracle. Dans le comté de Baldoon, au Canada, Rose et Ruby mènent une vie hors du commun - elles sont siamoises - et tout ce qu'il y a de plus ordinaire, entourées de leurs parents adoptifs et de leurs nombreux amis. Ni monstres, ni merveilles, ni phénomènes de foire, elles sont les filles, tout simplement. Au fil de réflexions graves et drôles, se dessinent deux destins unis par la fatalité, mais surtout par un amour inconditionnel, plus grand que soi."

Je n'ai pas trop l'habitude de lire ce genre de livres : Ces histoires qui vous exposent des misères singulières dans un pathos à la limite de l'excessif. J'ai pourtant été intrigué. Je l'ai donc lu. On y suit avec intérêt l'aventure de ces deux jeunes sœurs siamoises si différentes. Mais je n'ai pas pris de plaisir à cette lecture. Peut-être que je ne vois que l'horreur de la situation et la fin tragique, là où d'autres verraient une aventure humaine. Alors, à ne conseiller qu'à ceux qui aiment ce genre là.